15.
Enquête

 

Imbolc, 1997

 

Imbolc, jour de lumière. Fiona m’a rappelé qu’Imbolc signifiait « dans le ventre », dans les entrailles de la Déesse, à l’image des graines enfouies dans le sol qui commencent à germer. Même s’il fait froid et sombre à Helsinki, ce jour nous apporte de l’espoir.

En Angleterre, les sorciers organisent des feux de joie à cette occasion. Ici, pour célébrer cette fête, nous avons allumé des bougies partout dans notre petite maison de location. Puis, en guise de cérémonie, nous avons remis ensemble du petit bois dans le poêle.

Le froid de la Finlande ne réussit pas à Fiona. Elle ne cesse de trembler et ses muscles la font souffrir. Nous ne pourrons pas rester longtemps si loin au nord. Mais où irons-nous ensuite ?

 

Maghach

 

* * *

 

Après ma conversation avec Bree la veille au soir, le mercredi matin s’annonçait plein de promesses. Je savais qu’il nous faudrait du temps pour recoller les morceaux, mais j’avais maintenant l’impression que c’était possible.

— Tu es de bien belle humeur ce matin, dis donc ! a commenté Mary K. pendant le petit déjeuner. Est-ce que par hasard Hunter y serait pour quelque chose ? C’est lui que tu as appelé hier ? a-t-elle ajouté en me lançant un regard lourd de sous-entendus.

Elle a poussé un cri quand je lui ai jeté un torchon humide à la figure.

— Pour ta gouverne, sache que ce n’était pas Hunter, mais Bree ! l’ai-je détrompée avant d’enfiler mon manteau.

— C’est fantastique !

Elle savait à quel point j’avais souffert de perdre ma meilleure amie.

— Les choses vont peut-être enfin redevenir normales, dans cette maison, a-t-elle ajouté.

Comme je ne devais récupérer Das Boot que plus tard dans la journée, j’avais demandé à Robbie de nous emmener de nouveau au lycée. Il venait de se garer devant la maison et de klaxonner lorsque la sonnerie du téléphone a retenti. Mes sens de sorcière ont réagi. Qu’est-ce que Hunter pouvait bien me vouloir de si bon matin ?

— Salut, Hunter. Je n’ai pas le temps de te parler, je dois partir pour le lycée. Ma sœur et Robbie m’attendent dehors.

— Bonjour, Morgan. Je serai bref. Je… je voulais simplement te mettre en garde. Ta loyauté envers David est exemplaire, mais elle ne doit pas tourner à l’aveuglement. Ce n’est pas parce que tu l’aimes bien que tu dois refuser de croire qu’il puisse tomber du côté obscur de la sorcellerie.

— Ce n’est pas le cas ! me suis-je défendue, piquée au vif. Tu ne crois pas que, après ce que m’a infligé Cal, j’ai retenu la leçon ? Pour moi, ton explication ne tient pas debout, voilà tout. David, ce n’est ni Selene ni Cal. Il n’a aucune soif de pouvoir. Ce n’est même pas un Woodbane.

Hunter a inspiré profondément avant de me répondre :

— Morgan, je t’ai parlé de Linden, mon frère. Tu sais comment il est mort : il a invoqué un esprit maléfique trop puissant pour lui, qui l’a tué.

L’histoire ne s’arrêtait pas là. Lorsque nous avions uni nos esprits, j’avais appris que Hunter avait été accusé de la mort de son frère par le Grand Conseil. Même s’il avait été innocenté, il se sentait toujours coupable, ce qui aggravait encore sa peine.

— Ce que je ne t’ai pas dit, c’est qu’il l’avait déjà fait par le passé. Très souvent. Comme si, depuis le jour où nous avions appelé un taibhs ensemble, il avait pris goût à la magye noire. Pourtant, Morgan, la première fois que nous l’avions fait, nos intentions étaient pures.

— Et tu penses qu’il est arrivé la même chose à David ? Tu crois qu’il y a pris goût ?

— Oui, c’est une possibilité.

Robbie a klaxonné de nouveau.

— Hunter, il faut vraiment que j’y aille.

— On en reparlera plus tard.

— C’est ça.

J’ai raccroché et je suis restée un instant à contempler le téléphone. Je me suis souvenue du plaisir que j’avais éprouvé à terroriser les trois voyous. J’avais aimé ça. Vraiment. Pourtant, il ne s’agissait pas de magye noire, n’est-ce pas ? Même si j’avais goûté à la puissance, je ne l’avais fait que pour défendre des personnes que j’aimais.

En rejoignant ma sœur dans la voiture de Robbie, j’ai pris une décision : j’allais prouver que David était innocent et Cal, responsable de l’apparition de l’esprit maléfique. Pour tirer les choses au clair, je trouverais un moyen d’en parler personnellement à Stuart Afton.

Après les cours, je me suis ruée vers la cabine téléphonique du lycée et j’ai cherché les coordonnées des entreprises Afton dans le Bottin mis à la disposition des élèves. Quand j’ai appelé pour avoir un rendez-vous, la secrétaire m’a expliqué que M. Afton ne recevait plus personne pour le moment.

— Vous voulez dire qu’il est malade ?

— Euh… disons qu’il est indisposé. Il n’est pas venu au bureau depuis le milieu de la semaine dernière.

Son ton hésitant m’a mis la puce à l’oreille. En déployant mes sens, j’ai perçu son malaise et sa perplexité. La situation lui échappait, ce à quoi elle n’était guère habituée.

Le milieu de la semaine dernière… J’avais ressenti la présence maléfique au même moment…

Ce n’est qu’une coïncidence, ai-je tenté de me rassurer.

Les coïncidences et le hasard n’existent pas, m’a rétorqué une petite voix au fond de moi.

— Est-ce que M. Afton a encaissé de gros bénéfices la semaine dernière ? ai-je osé demander.

— Quelle question indiscrète ! De plus, vous êtes la deuxième personne à me la poser, a-t-elle dit en soupirant, déroutée. Que se passe-t-il, enfin ?

— J’aimerais bien le savoir, ai-je répondu. Merci pour votre aide.

Ensuite, j’ai cherché dans le Bottin l’adresse personnelle de Stuart Afton. J’ai décidé de m’y rendre en bus. Je n’aurais qu’à le prendre dans le sens inverse pour aller récupérer ma voiture chez le garagiste.

M. Afton habitait un quartier chic où de vastes demeures s’alignaient les unes à côté des autres, entourées d’immenses pelouses. La neige elle-même semblait plus belle dans cette partie de la ville. En descendant du bus, j’ai marché d’un pas vif jusqu’à la maison pour me réchauffer.

J’ai sonné, sans grand espoir d’obtenir une réponse. Croyais-je réellement que cet homme d’affaires important allait accepter de me parler ?

Une domestique trapue vêtue d’un uniforme est venue ouvrir la porte. J’ai aussitôt perçu son inquiétude, si profonde qu’elle formait comme un halo autour d’elle.

— Bonjour, mademoiselle. Vous désirez ?

— Euh… j’aurais voulu parler à M. Afton, si c’est possible… ai-je bredouillé.

— Oh ! ma pauvre, m’a-t-elle répondu en pâlissant. M. Afton… a été conduit à l’hôpital ce matin…

— Ah bon ?

— Oui, il a eu une attaque… C’est incompréhensible, lui qui prenait tellement soin de sa santé, qui faisait du footing tous les jours…

— Une attaque ? ai-je répété. Oh ! c’est terrible ! Je… euh…

Je ne savais plus quoi dire. Après quelques instants, je lui ai demandé dans quel hôpital il avait été emmené – pour lui envoyer des fleurs, ai-je prétendu –, puis je l’ai remerciée en m’excusant de l’avoir dérangée.

Ce n’est qu’une coïncidence, me suis-je dit. Cela n’a rien de magyque. Juste avant que la femme, manifestement sous le choc, referme la porte, j’ai aperçu un sac plastique froissé qui traînait dans l’entrée, derrière elle. Il faisait tache, là, sur le carrelage blanc immaculé, comme si Stuart Afton l’avait eu en main au moment où il s’était effondré. Le sac, vert émeraude avec des poignées argentées, me semblait familier, mais je n’aurais su dire où je l’avais déjà vu.

Je me dirigeais vers l’arrêt de bus lorsque mes sens de sorcière se sont mis en alerte. Hunter venait de se garer en face de la maison.

— Qu’est-ce que tu fais là ? lui ai-je lancé lorsqu’il s’est approché de moi.

— La même chose que toi, j’imagine. Tu as pu voir Afton ?

J’étais bien obligée de lui répéter ce que la gouvernante m’avait appris.

— Et maintenant, tu comptes faire quoi ? m’a-t-il demandé.

— Ma voiture est au garage, je dois passer la récupérer.

— Je te dépose, si tu veux.

J’ai hésité. Je savais très bien ce qu’il allait me dire si je montais dans sa voiture.

— Morgan, décide-toi, on gèle dehors, m’a-t-il pressée en s’installant derrière le volant.

Moi aussi, j’étais frigorifiée. J’ai pris place à côté de lui et je lui ai indiqué l’itinéraire à suivre jusqu’au garage de Bob Unser.

— Les crises cardiaques sont rares chez les sportifs, a-t-il déclaré, comme je m’y attendais.

— Ça arrive, ai-je rétorqué, énervée, même si j’étais d’accord avec lui. Des tas de choses étranges se produisent. Regarde mon cas, par exemple.

— Exactement. Tu menais une vie parfaitement normale jusqu’à ce que la magye vienne tout chambouler. Pour Stuart Afton, c’est pareil. Même si la magye ne lui a pas été aussi bénéfique qu’à toi.

— Arrête de tout rapporter à la magye ! Tu n’en sais rien ! Tu tires des conclusions hâtives !

— Ben voyons…

— Bon, mettons que David ait bien poussé Afton à effacer la dette. Pourquoi continuerait-il à lui faire du mal puisqu’il a obtenu ce qu’il voulait ? Ça n’a aucun sens !

— Sauf si David ne contrôle plus les forces qu’il a invoquées. La magye noire est imprévisible : ses effets dépassent souvent ce que l’on avait prévu.

Il semblait si sûr de lui que j’ai perdu patience.

— Tu sais quoi ? Je crois que ton boulot de Traqueur t’a rendu paranoïaque ! À mon avis, tu es furieux parce que Cal et Selene se sont enfuis, et tu cherches un bouc émissaire. Manque de chance pour David, c’est tombé sur lui !

Hunter a pilé dans un crissement de pneus avant de se rabattre sur le côté et de couper le moteur. Il s’est tourné vers moi, le visage déformé par la colère.

— Tu ne sais pas de quoi tu parles ! a-t-il hurlé. Tu crois que c’est drôle d’être un Traqueur ? Tu crois que ça m’amuse de passer le braigh à d’autres sorciers ?

— C’est pourtant ce que tu fais ! ai-je riposté, plus furieuse encore. Tu as choisi cette voie, non ? Personne ne t’y a obligé !

Il a serré les mâchoires et s’est cramponné au volant, si fort que les jointures de ses doigts ont blanchi. Puis il a soufflé doucement, à fond, et il s’est aussitôt détendu. Toute la crispation accumulée dans son corps avait disparu. Cependant, la tension qui s’était tissée entre nous s’attardait dans l’atmosphère, et l’air me semblait chargé d’électricité. À cet instant, j’ai pris conscience que, quand j’étais avec Hunter, je me sentais plus vivante que jamais. Sûrement parce qu’il me rendait furieuse. Enfin, au moins, avec lui, je n’avais pas le temps de pleurer sur Cal.

— Morgan, je tiens à te détromper, a-t-il déclaré d’une voix calme. Ce n’est pas ça, être un Traqueur. Je ne joue pas au cow-boy. Si les membres du Grand Conseil partageaient tes soupçons, ils me priveraient de mes pouvoirs sans hésiter. Je ne comprends pas comment tu peux avoir une telle opinion de moi.

Face à sa gentillesse, j’ai regretté mes paroles.

— Bon, j’ai peut-être tort, ai-je concédé.

La mauvaise foi a toujours été un de mes pires défauts : je n’arrive pas à admettre que je puisse me tromper.

— Comment ça, « peut-être » ?

Il a secoué la tête, puis a repris la route. Nous sommes restés silencieux jusqu’à notre arrivée au garage. Lorsque nous sommes passés devant la carrière de gravier des entreprises Afton, Hunter a froncé les sourcils.

— C’est là que tu as senti la présence maléfique ? m’a-t-il demandé en se garant.

— Oui.

— Quel jour, déjà ?

— Mercredi dernier.

Je suis descendue de voiture et là, soudain, j’ai tout oublié. Tout sauf ma pauvre Das Boot adorée. Elle avait un nouveau capot… bleu !

Bob Unser, le garagiste, est venu à notre rencontre, accompagné de son chien, Max. Quand je me suis approchée de ma voiture, les larmes me sont montées aux yeux. Bob s’est tourné vers Das Boot, tout fier de lui.

— T’as vu ça, on a eu de la chance, ce capot est parfait !

J’en suis restée bouche bée. Le pare-chocs neuf semblait trop brillant par rapport au reste. Les ailes avant avaient été redressées, puis enduites de mastic. Gris-bleu-blanc : ma voiture, qui m’avait sauvé la vie, était devenue tricolore !

J’avais déjà perdu mon petit ami, échappé de peu à une mort certaine, senti ma magye me déserter pendant les cercles ; en plus, je me rongeais les sangs à cause de David et d’un possible retour de Cal. Et là, ce qui menaçait de me faire perdre pour de bon la raison, c’était de savoir que j’avais emprunté mille dollars à mes parents pour que Das Boot ressemble à une poubelle !

Voyant ma mine déconfite, Hunter a cherché à me réconforter.

— Ce n’est qu’une voiture, tu sais !

Je n’ai pas eu la force de l’envoyer balader.

— Bien sûr, il faut encore repeindre le capot, a ajouté Bob.

— Bonne idée, ai-je répondu d’une voix étonnamment calme.

— Oui. Je ne voulais pas commencer sans t’en parler, a-t-il expliqué en se grattant le crâne. Tu vois ces petits points de rouille sous la porte ? Il vaudrait mieux les poncer et passer une couche d’antirouille. Et puis mettre un peu de mastic sur les autres traces d’impact. Ensuite, on pourrait repeindre ta voiture en entier et elle aurait l’air comme neuve !

Cette idée semblait l’enchanter.

— Et ça me coûterait combien ?

— Quatre ou cinq cents dollars de plus.

— Ah… Sinon, d’un point de vue mécanique ?

— Aucun problème. J’ai dû revisser un peu le bloc-moteur et resserrer quelques durites. Mais cette guimbarde, c’est du solide. Seule la carrosserie était abîmée.

Sans un mot, je lui ai tendu le chèque que mes parents m’avaient donné pour payer les réparations et il m’a rendu mes clefs.

— Je vous tiendrai au courant, pour la peinture, ai-je marmonné.

— Pas de problème. Fais attention sur la route, maintenant.

Bob Unser a regagné la chaleur de son atelier. Malgré la nuit tombée, je voyais toujours l’avant tricolore de Das Boot et ça me donnait envie de pleurer.

— Je suis désolé pour ta voiture, a murmuré Hunter. Je suis sûr que ça va s’arranger.

J’ai fermé les yeux pour hocher la tête. À l’évidence, il ne comprenait rien à ce que j’éprouvais.

Le danger
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